La Naissance d'un Protecteur de la Nature, de Jey Eros, (Caern-Sidhe)

Je me présente, Jey Eros, ermite issu du peuple des Ruyn, vagabondant à la recherche du savoir depuis des années. Ma formation de mage débuta dans mon modeste village grâce à mon maître Yado qui m'envoya compléter mes connaissances en me laissant partir seul dans la nature. C'est une coutume ancestrale dans mon peuple, qu'on soit mage, guerrier… lorsque notre maître de magie ou d'armes estime qu'il n'a plus rien à nous apprendre, on quitte la demeure familiale pour partir à l'aventure. Seuls reviennent en général ceux qui ont accomplis de grands actes, ou ceux qui survivent dans ce monde inhospitalier qu'est Althéa tout simplement…

Je quittai donc ma maison après 17 saisons passées en sécurité. Je m'aventurai seul avec quelques guerriers qui, comme moi, allaient finir leur " éducation " en ermite. Nous nous séparâmes vite, soit dispersée par la mort- infranchissable barrière entre morts et vivants- soit pour des changements de routes inopinés dans nos quêtes. Je me retrouvai donc seul, pauvre mage, bien freluquet avec pour toute défense de malheureux dards de feu de base et un sort de guérison bien faibles face à des ennemis quelques peu imposants qu'on pouvait rencontrer dans ces bois. Mon plus grand apprentissage fut donc celui de la nécessité de la fuite pour survivre. Certains, guerriers notamment trouveraient cela lâche, néanmoins, il ne faut pas percevoir la fuite comme un signe de peur, celle qui vous mène à la mort, ou pire, au mal ; c'est une vision du courage, car seule la fuite nous permettra d'affronter plus tard des monstres encore bien plus puissants que ceux déjà combattus et bien plus cruels ou dangereux. Le peureux au contraire préférera affronter la mort, douloureuse mais passagère afin d'éviter de se mesurer plus tard aux forces démoniaques qu'il sent s'intéresser à lui au fur et à mesure de sa progression. En effet, mes longues pensées en solitaire m'ont fait comprendre que la mort était le moyen pour les plus faibles de contourner la tentation vers le côté Obscur. J'étais donc perdu dans ce vaste monde, avec pour seuls amis quelques voyageurs passant d'aventures qui m'aidaient momentanément ou les animaux qu'il m'arrivait de sauver parfois des griffes de quelques infâmes orcs ou gobelins… Ceux-ci justement me menèrent à ma destinée. Je ne l'avais pas encore compris, mais cela n'aurait su tarder : je me devais de protéger non seulement les êtres dignes des autres races supérieures mais eux pouvaient se défendre alors que les créatures faibles des bois étaient sans défense ou presque.

Cela- ma révélation- se produisit une aurore, alors qu'à peine réveillés par des cris, je vis une antilope poursuivies par deux orcs beuglant comme des créatures des enfers, qu'elles sont d'ailleurs. Bien caché, j'envoyai quelques sorts bien placés qui les anéantirent le temps que ces créatures comprennent ma présence. L'animal apeuré s'arrêta, me fixa dans les yeux d'un regard profond qui m'effraya, et repartit aussi rapidement qu'il était arrivé. Cela resta dans ma mémoire tout le jour : jamais aucun animal que j'avais auparavant sauvé ne m'avait regardé ainsi avec des yeux qui semblaient si intelligents et reconnaissants. Je me demandai alors si j'avais réellement vu un animal, ou bien plus… A moins que les animaux soient plus intelligents qu'on ne le pense ou tout simplement que je me fasse des idées. Pourtant…

Ce n'est que ma nuit qui me donna des explications ; celle-ci fut fort agitée ; dans un rêve j'y vis des animaux par milliers se sauvant face aux hordes de démons venus des régions les plus reculées et sauvages de la planète. Au milieu de ces bêtes affolées, une seule ne bougeait pas et faisait face aux monstres les plus horribles : je reconnus " mon " antilope récemment rencontrées à son regard déterminé. Elle sembla soudainement se tourner vers moi et me parler, mais je ne comprenais pas ses paroles puis je vis une lumière l'entourer et tous les monstres disparurent dans cette clarté aveuglante. Un forme indéterminée se présenta comme envoyée de Titania, Grand esprit protecteur de la Forêt. Cet envoyé avait pris forme d'une antilope pour lutter contre les forces démoniaques sur Althéa. Je l'avais aidée, elle m'en était reconnaissance et me proposa de la seconder dans sa quête de sécurisation de ce monde en ruine. Après quelques réflexions, j'acceptai ne voyant pas ce que j'avais d'autre à faire et surtout voyant là comme un signe de mon destin. Car dans mon expérience, rien n'est jamais du à la chance, comme le répétait aussi souvent mon maître. Et aussi cet être semblait poursuivre un idéal semblable au mien, à savoir la protection des plus faibles, et la guerre contre les forces démoniaques pour sauver le monde de l'Haruspice. Et quel meilleur moyen de protéger la planète sinon en protégeant d'abord son origine : la Nature. Tout disparut soudain et je me retrouvai, tout en sueur, ma couverture de laine ayant pourtant glissée à mes pieds pendant cette froide nuit où je m'étais réfugié dans une grotte. Je me disais que ce n'était que le fruit d'une imagination débordante à la suite des mes tentatives dans l'art du barde et de la réflexion, abordés pendant mon long séjour solitaire, qui m'avait créé ce songe, pourtant il avait semblé si réel ! Mais en voulant me rendormir, mon regard fut attiré sur un lézard qui rampait sur les parois de la grotte, et il me sembla comprendre son langage alors même qu'on n'entendait rien. En posant mon regard sur les bois à l'extérieur, je le vis différemment et je percevais le moindre signe indiqué par tout chose vivante : les bêtes me parlaient, mais aussi les arbres, les plantes… et ils me disaient à quel point la nature est magnifique, leurs joies mais aussi leur malheur, et je savais d'un coup tout ce qui se passait à des kilomètres alentours. Titania venait de m'offrir le don de comprendre et de " dialoguer " avec tout animal et être vivant. Je sentis un autre appel, me retourna et perçut mon bâton, la seule arme qui m'avait accompagnée dans mes périls. C'était toujours le même mais il me semblait pourtant qu'il avait légèrement changé, je ne savais en quoi. Je le pris et ressentis tout ! Je compris. Je sentais que dans tout combat qui consistait en ma tâche de sauvegarde de la nature, il m'aiderait et décuplerait mes pouvoirs pour pouvoir répondre à ce lourd devoir. J'étais devenu mage-druide au service de Titania, le doux esprit protecteur de la nature…