Ôde à Brehan : Le repos du guerrier, par Mjollnir, (Feyd-Elhan)
Brehan est mon seul Dieu, la Mort est ma promise.
Sur les chemins boueux je erre sans savoir
Ce que je combattrais par une nuit si noire
Quand le temps est mauvais et quand souffle la bise.
Mais quoi que je rencontre, je serai déjà prêt,
Mes réflexes sont vifs, mon épée dégainée,
Mon esprit est plus clair que le bleu ciel d'été,
Et sans cesse mes yeux scrutent bois et fourrés;
Quand l'ennemi surgit, il n'y a point de surprise.
Nos armes qui se heurtent sonnent déjà le glas,
Mais nul homme ne peut dire s'il sonne pour lui ou moi.
Peut-être rejoindrais-je dès ce soir ma promise,
Si c'est ma destinée, la vie m'est déjà prise.
Mon ennemi se meurt, mais moi aussi, je crois,
Mon sang quitte mes veines, et sur le chemin choit
Mon corps privé d'essence, refroidi par la bise.
Chaque guerrier le sait, telle sera sa mort ;
Vivant au crépuscule, déjà mort aux aurores.
Car comme chacun le sait, et cela va sans dire,
Ce n'est qu'en combattant qu'un guerrier peut périr.
Et lorsque de ses mains ma si froide promise
Enserrera mon coeur d'une étreinte mortelle,
Ce sera lame au clair qu'elle trouvera sa prise,
Oui, je serais paré pour mon dernier duel.
Bien que sachant déjà avant même de mourir
Quelle sera l'issue de ce dernier combat,
J'affronterais la Mort sans pleurer ni pâlir,
Et quand je chargerais, ferais mais derniers pas.
Je pourrais Sagement, rester au coin du feu,
Une femme à mes côtés et des enfants heureux,
Mais c'est ma destiné : ma terrible promise
N'est autre que la Mort et Brehan est mon Dieu.